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Shadoks Forever - compagnie soleil vert

Shadoks Forever

presse et témoignages

- Diversion Magazine

concernant le spectacle Shadoks Forever
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Diversion Magazine - Rédaction - 6 novembre 2013

Les Shadoks, de drôles d’oiseaux créés par Jacques Rouxel en 1968, ont enchanté chaque soir petits et grands à la télévision. Véritable phénomène de société, ces volatiles à longues pattes, qui possédaient leur propre univers et leur propre système social, par ailleurs inventeurs d’improbables machines, sont aujourd’hui remis au goût du jour, non pas à la télévision mais sur un plateau de théâtre. Voilà bien un endroit où l’on ne s’attendait pas à rencontrer les Shadoks, auxquels le Théâtre de Ajmer, dirigé par Franck Dimech, redonne vie dans sa pièce Shadoks Forever. Sur scène il y a d’abord le récitant, central dans la série originale puisque c’est lui qui nous compte les aventures de nos Shadoks, interprété par la chanteuse belge Catherine Jauniaux, qui joue aussi l’un des Gibis, légendaires adversaires des Shadoks. L’autre Gibi, c’est le musicien eRikm. On trouve bien sûr aussi les Shadoks, joués par cinq comédiens.

Derrière l’univers apparemment absurde des Shadoks et de leur ennemis les Gibis, se cache pourtant une critique habile de la société de l’époque. Comme l’univers sonore des Shadoks, agressif, radical, le ton de la série jouait fortement de l’ironie voire du cynisme.
« Grâce aux Shadoks, notre enfance a été bercée par l’absurde et souvent l’incompréhension, cela interrogeait le sens même de ce que la génération d’alors soixante-huitarde pouvait nous transmettre comme règle(ment) », explique eRikm. « Les Shadoks représentait cette allégorie sociétale et politique, ainsi qu’une réelle alchimie entre son et image ».La musique et le son constituent d’ailleurs une dimension essentielle du spectacle. Les Shadoks s’exprimaient en effet dans une langue bien particulière, au moyen de quatre syllabes pour tout vocabulaire « Ga, Bu, Zo, Meu » sur lesquelles s’est basé eRikm. Catherine Jauniaux et lui se sont également inspirés de la bande originale de Robert Cohen-Solal.

Shadoks Forever n’est cependant pas du théâtre musical, mais plutôt l’articulation sur une même scène des dimensions théâtrale et musicale, pour retranscrire au final, l’oeuvre absurde et drôle de Jacques Rouxel. Il faut dire que Franck Dimech cite volontiers Alphonse Allais et Alfred Jarry, sans oublier le mouvement Dada dans son ensemble, pour définir Les Shadoks.
À la base, il y a cette histoire que l’on ne connaît que trop bien dans notre monde réel. Deux communautés voisines, chacune voulant prendre le pouvoir sur l’autre, retranscription en deux dimensions de nos propres travers humains. Les Shadoks, dépourvus de tout sentiment amoureux, peuvent d’ailleurs difficilement être qualifiés de héros, copiant – en vain – les machines sophistiquées de leurs voisins Gibis, au contraire joyeux et intelligents. Les Shadoks se voient en outre affublés d’ailes tellement petites que leurs tentatives d’envolées se soldent systématiquement par de minables chutes sur la terre ferme.

« Notre adaptation en convoquant le théâtre, la musique et la danse tentera de rendre compte, sur la scène, de l’amalgame des moyens auquel s’est livré Jacques Rouxel à l’écran », explique Franck Dimech. Perdu entre les deux planètes, l’insecte-Gégène est interprété par une danseuse. La pièce souhaite retrouver l’esprit feuilleton du dessin animé original. D’autant que Shadoks Forever fera également intervenir les fameuses machines que l’on pouvait voir dans la série, « machineries imbéciles » selon Franck Dimech, ce dernier nous promettant également des costumes « du plus mauvais goût » !
Bienvenue dans le monde des Shadoks.

Diversion Magazine - Rédaction - 6 novembre 2013