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Le Malade Imaginaire - compagnie soleil vert

Le Malade Imaginaire

de Molière

création 1999 (théâtre jeune public)

un projet de Laurent de Richemond

avec : Laurent Vignaux, Jocelyne Monier, et Edith Amsellem
(en alternance avec : Laurent de Richemond, Anne-Claude Goustiaux, et Jézabel d’Alexis)


à propos du spectacle Le Malade Imaginaire voir aussi :
la revue de presse


Faire entendre la langue du XVIIème siècle à des tout petits est une gageure à une époque où le langage se simplifie et avec lui les idées. L’oeuvre de Molière appartient au patrimoine culturel français. Elle sera une des premières auxquelles les enfants auront accès dès l’école primaire, puis au collège par l’enseignement du français. Pourtant cet enseignement ne constitue pas forcément un plat de réjouissance pour tous les enfants.

« Le malade imaginaire » n’est pas une oeuvre exclusivement littéraire qu’il nous faudrait absolument traiter comme un classique avec le respect que l’on accorde à la culture française. N’oublions pas qu’avant tout c’est une oeuvre de théâtre, pleinement et profondément écrite pour un théâtre vivant...
Molière est accessible à tous, petits et grands, quand par le jeu se révèle les enjeux du texte.
Les personnages sont des joueurs et les acteurs aussi et les enfants aussi...
Tous partagent ce goût du jeu, du grandiose et du ridicule, du mensonge et de la vérité, de l’illusion et du réel...

Pour ce spectacle, j’ai voulu me concentrer sur des idées simples et une réalisation concrète. Jouer devant des enfants exige de la précision et de la clarté tout en refusant de céder à une bétification du propos.
J’ai voulu que tout ce qui constitue la matière théâtrale de ce texte puisse exister réellement pour les enfants sans essayer de leur faire croire que c’est une pièce écrite pour eux.
Si j’ai eu envie dans ce spectacle de “célébrer le théâtre” c’est parce que les personnages de Molière ont tous un rapport ludique avec leur propre vérité. Et c’est à travers la vérité des acteurs et leur rapport au jeu, que peut se révéler la vérité de ces personnages, et comprendre les enjeux de cette pièce de théâtre - partageables par tous (petits et grands).
Je me suis appliqué à rendre lisible ce qui se joue, en respectant la richesse du texte original tout en privilégiant le langage théâtral par rapport au langage littéraire. Je crois qu’il n’y a aucun intérêt à faire subir aux enfants un poids culturel trop lourd qui échappe à leur réalité. Ce qui se joue révèle ce qui se dit. Ce qui nous apparaît comme complexe n’est qu’un enchevêtrement de choses simples à isoler. Ma mise en scène de Molière vise cet objectif.
En faisant l’adaptation du texte, j’ai axé le travail sur trois personnages : Argan, Toinette et Angélique comme noyau dur du spectacle, auxquels se rajoutent Béline et Thomas Diafoirus. Néanmoins Cléante (l’amant d’Angélique) et M. Purgon (le médecin d’Argan) sont figurés sur le plateau par un tableau pour la première et un geste évocateur chaque fois que le second est nommé.
Le montage du texte met en valeur une trame narrative et des paroles claires qui constituent la base solide et identifiable du jeu des acteurs. Je veux montrer la stratégie des personnages en refusant toute pseudo-psychologie. La caricature côtoie la vérité avec comme seule condition, ne jamais se moquer, et refuser le manichéisme des bons et des méchants. Tout le monde a une raison concrète d’être là qui sera défendue par dessus tout.

Les personnages :

- Argan est en très bonne santé, mais se croit vraiment malade quand il est seul, se sent abandonné. Et il a vraiment besoin d’aide.
C’est aussi un acteur qui s’ignore et un excellent spectateur des autres, incapable de différencier réalité et fiction.

- Toinette est une servante qui prend le pouvoir par le jeu. Le jeu est pour elle un moyen stratégique d’arriver à ses fins, de dire ce qu’elle a à dire et d’être pleinement elle-même.

- Angélique est une jeune fille découvrant l’amour comme une question concrète qui se pose à elle, lui permettant d’affirmer à la face du monde (et à son père) ce qu’elle désire et ce qu’elle refuse.

- Béline (la femme d’Argan) est comme une actrice qui joue dans une pièce qu’elle n’aime pas et avec des partenaires qu’elle méprise. Elle se force à jouer pour atteindre son but, l’argent qui lui offre la perspective d’une vie nouvelle qu’elle n’aura certainement pas.

- Thomas Diafoirus est un pauvre enfant qui a toujours vécu hors de la réalité du monde et à qui l’on a toujours refusé son enfance. Il rêve d’aller jouer avec les enfants et on le lui interdit en lui préparant un destin de fantôme.

- Cléante est une image, un tableau qu’Angélique garde toujours avec elle.

Les personnages agissent sur scène selon un désir fort de théâtre, et l’ensemble du spectacle évolue vers une chorégraphie finale, grandiloquente, autour de l’intronisation d’Argan en médecin où tous s’accordent et trouvent leur place en rayonnant.

Laurent de Richemond


« Le Malade Imaginaire »
un projet de Laurent de Richemond
d’après l’oeuvre de Molière

ce spectacle a été créé avec :

- dans le rôle d’Argan : Laurent Vignaux
(en alternance avec Laurent de Richemond)

- dans les rôles de Toinette et de Thomas Diafoirus : Jocelyne Monier
(en alternance avec Anne-Claude Goustiaux)

- dans les rôles d’Angélique et de Béline : Edith Amsellem
(en alternance avec Jézabel d’Alexis)

adaptation et mise en scène : Laurent de Richemond
assistant à la mise en scène : Olivier Chevillon
décors : Francis R. et Claire Leménager
musiques : Lully, Charpentier, Laurent Boudin...
costumes : Blandine Poulat

production : Badaboum Théâtre